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Parce qu'une autre société est possible, une autre politique doit être mise en oeuvre. Europe Ecologie Les Verts incarne ce changement ...Ici et Maintenant

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Journée de formation sur "Le scénario Afterres 2050"

« Il est des époques où, parce que l’ordre se disloque, ne laissant subsister que ses contraintes vidées de sens, le réalisme ne consiste plus à vouloir gérer ce qui existe mais à imaginer, anticiper, amorcer les transformations fondamentales dont la possibilité est inscrite dans les mutations en cours ». André Görz (philosophe et économiste)

« Pouvons-nous résoudre les questions d’alimentation et de gestion des territoires en manipulant une seule unité, la monnaie et avec un seul outil, le marché ? »

Non seulement l’équipe d’ingénieurs de Solagro n’y croit pas, mais elle propose mieux : avec Afterres 2050, elle met à notre disposition un scénario « soutenable pour l’agriculture et l’utilisation des terres en France à l’horizon 2050 », qui implique une transition du système alimentaire français.

Elle fixe des objectifs de durabilité concernant la nutrition, la santé, et l’empreinte écologique du système alimentaire. Proche de la démarche du scénario négaWatt, l’approche de prospective repose sur les principes de sobriété (via la maîtrise de la demande), d’efficacité des systèmes, du remplacement des ressources non renouvelables par des renouvelables, et de l’utilisation de technologies déjà existantes.

Dans un premier temps, l’ingénieur agronome Sylvain Doublet a présenté la recherche Afterres2050 dont il est le co-concepteur. Ensuite, Mathieu Doray (chercheur et ingénieur agronome) a exposé une première déclinaison régionale d’Afterres pour les Pays de la Loire réalisée par l’association Virage-Energie-Climat (VEC) pour Solagro.

Présentation du scénario national « Afterres 2050 »

« Afterres 2050 » dégage des voies nouvelles pour l’agriculture, l’alimentation et l’énergie sur le territoire français. Il s’agit d’une expertise indépendante se fondant sur la demande alimentaire envisagée en 2050 à l’échelle nationale et internationale. Les ingénieurs de Solagro démontrent, via une expertise scientifique chiffrée, que nourrir la population française en 2050 (soit 71 millions d’individus) relève de l’horizon des possibles, mais que cela nécessite de sortir du schéma agroalimentaire actuel promu par l’OCDE. Les besoins alimentaires des français pour 2050 ne sont pas l’unique objectif d’Afterres qui complexifie sa tâche en intégrant des enjeux globaux indissociables : lutte contre le réchauffement climatique, biodiversité, respect de la fertilité des sols, et qualité des eaux. Afterres 2050 apporte ainsi des réponses concrètes et chiffrées sur les enjeux suivants : • Climatiques : émission de gaz à effets de serre (l’azote et le méthane : gérer le cycle de l’azote), la question centrale de l’eau et de l’accès aux ressources (remplacer le carbone fossile) ; • Sanitaires et environnementaux : équilibres nutritionnels, crises sanitaires, qualité de l’eau, de l’air et des sols, biodiversité et raréfaction des ressources naturelles (la disparition des terres les plus fertiles constituent une question essentielle pour la société) ; • Sociétaux : nourrir la population et assurer la qualité des produits ; • Energétiques : la biomasse et l’énergie renouvelable comme clé de voûte de la société de demain.

1. L’alimentation humaine : la surconsommation de protéines et de sucres engendre des pertes et gaspillages (toutes les pertes ne sont pas évitables). L’étude propose une transition sans rupture brutale, l’idée est de manger mieux, et un peu moins. L’assiette Afterres 2050 prévoit également l’inversion du rapport actuel entre protéines animales et végétales, avec un nouveau ratio de 62% de produits d’origine végétale et 38% d’origine animale. Si l’on ajoute à cela la diminution de la surconsommation et des gaspillages (l’objectif consiste à diviser par deux les gaspillages « évitables »), la consommation de viande est à terme divisée par deux.

2. Bilan d’approvisionnement par denrée agricole : l’enjeu consiste à réduire les importations européennes de produits alimentaires destinés aux animaux ainsi que les importations de produits oléoprotéagineux, du soja et des produits halieutiques. Le bilan permet la transition d’une demande de consommation en produits alimentaires à un besoin de production intérieure de produits agricoles afin d’aboutir à ~~l’autonomie alimentaire.

3. Systèmes de culture : Pour 2050, l’étude envisage la quasi-substitution de l’agriculture conventionnelle vers les modèles intégré et biologique (le système conventionnel ne représenterait plus que 10% de la ferme France contre 97% en 2010, les deux autres systèmes en composeraient chacun 45%).

4. Systèmes d’élevage : la modélisation prend en compte les différents types d’élevage (extensif, intensif, semi-intensif et leurs variantes), et l’évolution de la production des bovins viande et lait, porcins, ovins, volailles et caprins a ainsi été étudiée. Il s’agit globalement de concilier performance alimentaire, lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et bien-être animal. .  Les résultats de l’étude encouragent le développement de l’élevage en prairie des ruminants, répondant aux enjeux essentiels de biodiversité, de puits de carbone et de protection du paysage. Chez les monogastriques, l’élevage intensif représente actuellement la quasi-totalité de la production, le scénario ambitionne pour sa part un modèle d’équilibre (50/50) entre le système actuel et le label qualité. Plus largement, les scientifiques insistent sur la nécessité de repenser l’élevage. La réduction significative des cheptels ne veut pas dire abandon de l’élevage, il s’agit de favoriser les élevages extensifs .

5. Utilisation des terres : à La rotation longue sans retournement des sols est privilégiée, les labours profonds sont abandonnés (les légumineuses sont désormais intégrées à la rotation). La combinaison des systèmes d’élevage bovin avec la production d’énergie (via la méthanisation) permet ainsi de conserver les prairies, et surtout de compléter le revenu de la ferme. D’autres systèmes agropastoraux sont envisagés comme pistes comme le concept de « bioraffinerie verte » visant à se substituer aux dérivés de la pétrochimie. De plus, un certain nombre de terres productrices d’herbes sont inutilisées, plusieurs pistes sont alors évoquées (conservant la production dans certains cas, en réutilisant les surfaces dans d’autres) : boiser, exporter, diversifier, extensifier ou créer de nouveaux espaces naturels. Afterres accorde une place déterminante à la forêt et au développement de la sylviculture (productive et durable) dans son exercice de prospective.

Le scénario Afterres 2050 se fonde sur les principes fondamentaux suivants :

- Raisonner la consommation : iLe principe de sobriété s’entend comme un principe positif « consommer avec modération, économie, mais de manière épicurienne » ;

- Mobiliser des pratiques et techniques maîtrisées :

- Imaginer un projet ambitieux : étant donné l’ampleur des enjeux, la réponse que propose Afterres ne peut être qu’ambitieuse. « Une telle prospective ne peut se contenter de viser des évolutions plus ou moins tendancielles qui ne remettraient pas en cause des systèmes socio-techniques établis et verrouillés ». 

- Développer une approche pluridisciplinaire : l’agronomie, la socio-économie, et l’écologie constituent des clés de lecture riches et complémentaires pour l’étude du système global.

Plusieurs thématiques sont ressorties des échanges entre les participants de la formation et les deux intervenants (Sylvain Doublet et Mathieu Doray). Il est apparu intéressant de prolonger les discussions concernant : - La place de l’élevage dans la dynamique de transition ; - L’évolution du métier d’agriculteur/éleveur au vu de ces données ; - La modélisation nécessaire de destructions/créations d’emplois causées par la transition ; - La nécessité de s’appuyer sur des initiatives existantes qui fonctionnent déjà ; - La prise en compte du rôle des circuits courts et de proximité ; - Le(s) type(s) de méthanisation envisageables dans les Pays de la Loire ; - L’évolution démographique ; - La citoyenneté, les changements de comportements, les nouveaux modes de consommation ; - Les modes de sollicitation des agriculteurs au débat (leur voix, leur participation étant essentielle dans la transition) ; - Le rôle moteur de la collectivité pour amorcer ces scénarios et protéger ces innovations

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