Parce qu'une autre société est possible, une autre politique doit être mise en oeuvre. Europe Ecologie Les Verts incarne ce changement ...Ici et Maintenant
Session budgétaire du 15 avril 2016 au Conseil Régional.
À l’heure, où « la situation de l’emploi reste difficile avec une reprise économique encore attendue » (source CESER). A l’heure où l’on se mobilise fortement pour l’emploi des jeunes, vous avez exprimé votre volonté de prioriser l’emploi et affirmé votre ambition pour l’apprentissage.
Si nous étions satisfaits par cette orientation, aujourd’hui, nous sommes très inquiets de voir qu’en raison de la priorité donnée à l’apprentissage et « aux véritables emplois » (selon l’expression de Mme Morançais lors de la commission du 11 avril dernier), vous avez fait paradoxalement le choix d’abroger des dispositifs d’aides à l’emploi : l’arrêt de la prolongation des aides aux emplois tremplin et l’arrêt des cofinancements des emplois d’avenir.
Alors nous nous demandons « qu’entendez-vous par véritable emploi ? » Est-ce qu’un emploi tremplin qui a pour ambition de soutenir un projet de territoire et de créer des emplois pérennes (en contrats à durée indéterminée (CDI), dans le milieu associatif et l’économie sociale et solidaire, n’est pas un véritable emploi ?
Pourquoi supprimer un dispositif prévoyant qu’une structure ayant besoin de temps et d’une aide supplémentaire (et non les projets à la viabilité compromise), pouvait bénéficier d’un prolongement dégressif de l’aide pour assurer la pérennisation de l’emploi. Quelle logique préside à cela ?
Nous ne pouvons pas aujourd’hui nous passer de création d’emplois ou de maintien d’emplois existants sur nos territoires.
N’oublions pas que le tissu associatif est un acteur économique d’un territoire à ne pas mépriser. Il est primordial de prendre toute la mesure du monde associatif comme gisement d’emplois, créateur de lien social et de solidarité.
Et je reviendrais sur un point, Monsieur Retailleau, vous nous avez dit, hier matin, être très attaché aux chiffres et au faits. Et les faits parlent d’eux-mêmes :
- Plus de 1000 emplois tremplin crées en CDI
- 90% des emplois sont pérennisés à la fin des aides régionales
- Quant au 63 000€ que représente le coût moyen/emploi créé, ce chiffre souffre cruellement d’un manque de comparaison. En effet il serait indispensable de connaître le coût moyen /emploi créé à chaque subvention octroyée à une entreprise. Sachant que dans le cadre de l’emploi tremplin, nous parlons d’emplois réels et dans l’autre cas nous sommes très souvent dans la perspective de création de postes qui au final ne sont pas créés dans la totalité des engagements pris.
- De plus, on ne peut pas se contenter d’une mesure quantitative sans analyser les impacts en termes de qualité des emplois créés.
Donc, les arguments développés par Mme Morançais, hier matin, ne tiennent pas à l’épreuve des chiffres et des faits.
Hier, Monsieur Philippe Henry parlait de propos surréaliste, aujourd’hui nous pouvons parler d’une décision totalement surréaliste et nous sommes bien sur une posture idéologique.
Ainsi, une politique de l’emploi active ne peut pas mettre en concurrence un plan de mobilisation pour l’emploi et l’apprentissage et des dispositifs d’accompagnement de projets de territoire et d’insertion professionnelle et sociale de jeunes souvent éloignés de l’emploi.
Nous devons poursuivre nos actions au bénéfice des habitants et des territoires, continuer à nous mobiliser pour l’insertion professionnelle de tous les ligériens et pour leur permettre à tous d’accéder à un emploi d’avenir. Nous vous demandons ainsi, au-delà de votre définition de ce qu’est un véritable emploi, de réétudier la possibilité de poursuivre les aides à l’emploi et d’évaluer l’impact de leur suppression sur les structures et territoires concernés.
Pour conclure nous attirons votre attention sur un point de vigilance concernant l’expérimentation de la mise en place de formations courtes, celles-ci doivent mener à une qualification reconnue, et pas à la simple adaptation au poste de travail. Les stagiaires de la formation professionnelle doivent pouvoir évoluer dans leurs connaissances et leurs parcours professionnels. La Région a fait des efforts pour la construction de véritables filières de formation par métier et pour la promotion de la formation tout au long de la vie.
Il n’est pas inutile de rappeler, qu’il faut aussi prendre en compte les désirs des ligériens. Nos vies, nos existences ne doivent pas se construire en fonction de la simple logique économique et encore moins selon une logique de compétition généralisée et anxiogène qui déteint sur le monde du travail, de la formation, de l’ensemble de la société.